Il naquit à Kajiya-chō, dans la ville-château de Kagoshima en Satsuma, troisième fils de Saigō Kichibei. Son nom d'enfance était Ryūsuke, et son frère de quinze ans son aîné était Saigō Takamori. Il apprit le sabre de l'école Yakumaru Jigen et la science militaire auprès d'Ijichi Masaharu. Jeune, sur recommandation, il servit le seigneur Shimazu Nariakira comme serviteur de thé sous le nom de Ryūan.
Renonçant à servir le thé, il redevint samouraï sous le nom de Shingo. Il rejoignit le Seichūgumi, groupe de jeunes vassaux dévoués au défunt Nariakira, et se lança dans le mouvement sonnō jōi pour révérer l'empereur et chasser les étrangers. Il partageait cet idéal avec son frère Takamori et des compagnons du même quartier, comme Ōkubo Toshimichi.
Il se joignit à Arima Shinshichi et à d'autres membres du Seichūgumi réunis à Kyoto pour renverser le shogunat. Mais lors de l'incident du Teradaya, ils furent réprimés par des hommes agissant sur ordre du fief, et beaucoup perdirent la vie. Trop jeune, Tsugumichi fut épargné, renvoyé à Satsuma et assigné à résidence.
Quand la flotte britannique attaqua Kagoshima lors de la guerre anglo-satsuma, il fut libéré de sa réclusion. Tsugumichi se porta volontaire dans un commando déguisé en vendeurs de pastèques pour aborder les navires ennemis. Le plan échoua, mais voir de près la puissance militaire étrangère marqua sa pensée ultérieure.
Au début de la guerre de Boshin, il combattit à Toba-Fushimi et fut grièvement blessé par une balle qui le transperça. Une fois rétabli, il combattit en divers lieux dans l'armée du nouveau gouvernement. Tandis que son frère Takamori menait les troupes, Tsugumichi se fit connaître comme jeune militaire de Satsuma.
Il partit en Europe avec Yamagata Aritomo de Chōshū pour étudier l'organisation militaire de divers pays. Rentré l'année suivante, il entra au ministère de la Guerre et participa à la création de l'armée nationale. On raconte qu'en déclarant son nom, son accent fit entendre « Jūdō » au lieu de « Ryūdō », mais il ne s'en soucia pas et le garda.
Quand son frère Takamori perdit le débat du Seikanron et quitta le gouvernement, beaucoup de gens de Satsuma le suivirent à Kagoshima. Mais Tsugumichi ne suivit pas son frère et choisit de rester au gouvernement. Cette décision, qui séparait les deux frères, fut sans doute douloureuse pour lui.
Devenu général de division, il partit la même année à Taïwan comme commandant de l'expédition de Taïwan. Déclenchée par le meurtre de naufragés ryūkyūans, l'opération rencontrait des oppositions au gouvernement, mais Tsugumichi l'imposa et la mena. Ce fut la première expédition militaire outre-mer du gouvernement Meiji.
Il fut le premier Japonais admis comme propriétaire dans un club hippique de Yokohama dominé par les étrangers. Cette année-là, montant lui-même son cheval Mikan, il remporta la première victoire d'un propriétaire japonais. La scène fut même croquée dans une caricature. Une anecdote qui révèle son caractère détendu et joueur.
Quand son frère Takamori déclencha la rébellion de Satsuma à Kagoshima, Tsugumichi ne le rejoignit pas. Yamagata Aritomo menant l'armée gouvernementale à Kyushu, Tsugumichi assura l'intérim au ministère de l'Armée et garda le gouvernement à Tokyo. Au terme des combats, son frère s'éteignit dans son pays natal, et Tsugumichi connut le profond chagrin de perdre un proche.
À l'instauration du système de cabinet, il fut nommé premier ministre de la Marine. Venu de l'armée de terre, il se vit confier la marine et donna au jeune Yamamoto Gonbee des postes clés pour qu'il exerce pleinement ses talents. Laissant les détails à ses subordonnés et assumant les échecs, il bâtit avec largeur d'esprit la marine qui gagnerait plus tard les guerres sino-japonaise et russo-japonaise.
En tant qu'ancien homme d'État, il fut nommé conseiller privé de l'empereur. La même année, il fonda avec Shinagawa Yajirō le groupe politique Kokumin Kyōkai. Parce qu'il écoutait attentivement en répétant « je vois, je vois », on l'aurait surnommé le « ministre je-vois ».
Cette année-là, où éclata la guerre sino-japonaise, il devint amiral. Pendant la guerre, il soutint la marine comme ministre et contribua à la victoire du Japon. L'année suivante, il fut fait marquis et entra à la Chambre des pairs. Il est le seul à avoir été officier général et ministre à la fois dans l'armée de terre et dans la marine.
Il fut le premier officier de marine à recevoir le titre de maréchal. Pressé à plusieurs reprises de devenir Premier ministre, il refusa toujours, invoquant la rébellion de son frère Takamori contre le gouvernement. Entre son attachement à son frère et son devoir envers l'État, il garda jusqu'au bout une attitude réservée.
Il mourut d'une maladie de l'estomac dans sa maison de Meguro, à Tokyo. D'abord inhumé au cimetière d'Aoyama, il fut ensuite transféré à celui de Tama. Alors que son frère était le Grand Saigō, Tsugumichi était affectueusement appelé le Petit Saigō. Une partie de sa propriété de Meguro est aujourd'hui le parc Saigōyama.
Shimazu NariakiraSaigō TakamoriŌkubo ToshimichiYamamoto Gonbee
Tanaka ShōzōŌyama IwaoNiijima JōInoue MasaruMutsu MunemitsuInoue KowashiNiijima YaeNakae Chōmin
Personnages de la période Meiji ・ Personnages par période
Fondé sur des faits attestés par les manuels et les biographies. Les points incertains sont signalés.