Il naquit dans la ville castrale de Fukui, fils aîné de Mitsuoka Yoshitomo, vassal du domaine, et porta le nom de Mitsuoka Hachirō. Sa mère était une femme sage et habile à tenir la maison, et dès l'enfance Hachirō l'aida à réparer la demeure, à cultiver le potager et à soigner le cheval de son père. Il s'exerça aussi aux arts martiaux, acquérant un sens pratique ancré dans la vie quotidienne.
L'année de l'arrivée de Perry, il devint chef de famille et servit comme vassal de Fukui. Sous le seigneur Matsudaira Shungaku, il s'activa avec Hashimoto Sanai et d'autres, inquiet de l'avenir du pays. Les finances du domaine étant exsangues et samouraïs comme citadins en difficulté, Hachirō se demanda comment le domaine et sa population pourraient prospérer.
Il fut profondément touché par la politique de promotion de l'industrie de Yokoi Shōnan, penseur de Kumamoto invité à Fukui, et étudia la finance auprès de lui. Les deux hommes parcoururent l'ouest du Japon, étudiant le commerce à Shimonoseki, et à Nagasaki ils bâtirent un entrepôt du domaine et conclurent avec le comptoir néerlandais un contrat de vente de soie grège.
Il émit des billets du domaine pour prêter aux paysans et aux artisans, et mit en place un système où le domaine achetait puis vendait la soie et les autres produits. Fondée sur l'idée que la prospérité du peuple fait celle de l'État, cette politique fut un grand succès et fit passer les finances du domaine au bénéfice. Cette habileté fit sa réputation.
Quand Shungaku devint conseiller suprême du shogunat, Hachirō fut son proche collaborateur, mais il perdit un conflit sur la politique du domaine et fut assigné à résidence à Fukui. Reclus, il inventa un fourneau enterré pour conserver la chaleur. Puissant et économe en combustible, il fut appelé fourneau Mitsuoka et aurait servi jusqu'au début de l'ère Shōwa.
Sakamoto Ryōma rendit visite à Hachirō pendant sa réclusion, et dans une auberge ils parlèrent du matin à minuit de la politique économique d'un futur gouvernement. Ryōma aurait dit que les grands hommes du pays étaient Saigō Takamori et Mitsuoka Hachirō. Peu après, Ryōma perdit la vie à Kyoto. Ce lien lui valut d'être appelé au nouveau gouvernement.
Entré au nouveau gouvernement de Meiji comme conseiller, il rédigea le Gijino Taitai, premier projet d'un texte exposant les principes du nouveau régime. Fukuoka Takachika, de Tosa, et d'autres le remanièrent pour en faire le Serment en cinq articles. Sa première clause, appelant à réunir largement des assemblées, exprimait l'idée de gouverner selon l'avis du plus grand nombre.
Chargé des finances du nouveau gouvernement, il émit les billets du Dajōkan, papier-monnaie valable dans tout le pays, pour couvrir les frais de guerre et d'administration. Il leva des fonds auprès des marchands et créa un bureau du commerce, menant une politique audacieuse. Mais ces billets, peu crédibles, circulaient mal, les critiques montèrent et il démissionna l'année suivante.
Il devint gouverneur de Tokyo, ayant pris entre-temps le nom de Yuri Kimimasa. Quand un grand incendie ravagea le quartier de Ginza l'année suivante, il lança la construction de nombreux bâtiments en brique et l'élargissement de l'avenue principale pour protéger le quartier du feu. Ce fut l'origine du quartier en brique de Ginza, symbole de la civilisation et des Lumières.
Membre de la mission Iwakura, il se rendit en Amérique et en Europe pour étudier l'autonomie locale et les systèmes parlementaires. Voir de ses yeux comment l'opinion publique était intégrée au gouvernement fut une grande leçon pour l'auteur du premier texte du Serment. Cette expérience nourrit son action après son retour.
Avec Itagaki Taisuke, Etō Shinpei et d'autres, il remit au gouvernement la pétition pour une assemblée élue, réclamant un parlement de membres choisis par le peuple. Elle marqua le point de départ du mouvement pour la liberté et les droits du peuple. C'était une tentative de concrétiser l'idéal du Serment, réunir largement des assemblées.
Après avoir siégé au Genrōin, il fut fait vicomte et, à l'ouverture de la Diète impériale, devint membre de la Chambre des pairs. Il fut ensuite le premier président d'une compagnie d'assurance-vie à Kyoto, laissant aussi sa marque dans les affaires. Des finances du domaine à celles de l'État et à l'entreprise privée, il réfléchit toute sa vie à la circulation de l'argent et à la vie des gens.
Il mourut de maladie à son domicile de Takanawa, à Tokyo. L'esprit du Serment, selon lequel toutes les affaires doivent être décidées par la discussion publique, et son principe d'enrichir l'État en enrichissant le peuple marquèrent profondément les débuts du Japon moderne. La lecture de son nom fut longtemps débattue, mais sa propre signature indique Kimimasa.
Matthew C. PerryYokoi ShōnanSaigō TakamoriHashimoto SanaiSakamoto RyōmaEtō ShinpeiItagaki TaisukeMatsudaira Shungaku (Yoshinaga)
Kanō HōgaiTakahashi YuichiSoejima TaneomiNishi AmaneŌkubo ToshimichiKawanabe KyōsaiNakamura MasanaoTerashima Munenori
Personnages de la période Meiji ・ Personnages par période
Fondé sur des faits attestés par les manuels et les biographies. Les points incertains sont signalés.